Blaise dehors, mais pas dans le cafouillage et dans le sang

Crédit photo lemonde.fr
Crédit photo lemonde.fr

Je suis pour l’alternance, pour la démocratie, mais témoin des dernières révolutions de la décennie j’aurai souhaité que les choses se déroulent autrement.

Un peu « triste » de ce qui arrive de l’autre côté car on sait toujours quand ça commence mais jamais comment et quand prennent fin les évènements. Que les choses se passent en douceur aurait été préférable. Mais les populations fatiguées et de plus en plus effervescentes n’entendent plus se laisser faire.

Pourtant les évènements de ces dernières années nous ont montré que toutes les révolutions ne sont pas toujours les bienvenues et n’ont pas souvent les meilleurs dénouements.

De dangereux opportunistes, à savoir les nombreux groupes armés terroristes (Aqmi, Boko Haram…) n’attendent que ces révoltes pour s’immiscer et s’installer. Semant la peur, la mort et la désolation.

J’ai peur pour mon pays, j’ai peur pour ma liberté. Qu’on n’en rit pas en pensant que l’incendie dans la case du voisin ne nous atteindra pas. Nous avons des frontières communes et nous sommes juste en train de consolider notre démocratie. Alors qu’Ebola frappe les voisins Guinéens et Libériens, qu’Aqmi s’en donne à cœur joie au Mali, le Burkina vient de prendre la pente dangereuse.

Si la situation ne se calme pas et que les flots de déplacés accourent de toute part, pourrons nous contrôler Ebola ?

L’instabilité de tous ces pays d’Afrique de l’ouest ne présage rien de bon. Ça fait peur ! Mesure-t-on les conséquences réelles d’une instabilité dans ce pays ? Je pense que non.

Blaise dehors, d’accord mais pas dans le cafouillage et le sang. Retenons des leçons du printemps arabe et de la chute tant sollicitée du « guide ».

Attention, attention…

Matagaly  T.

Lionnement parlant

A la découverte du Ghana
A la découverte du Ghana

Grande amoureuse de la vie, je suis curieuse de tout. J’adore voyager, découvrir et ma porte est toujours ouverte à un ami qui passe. Bientôt la trentaine, j’ai appris que le ‘’savoir’’ se trouve au contact de l’autre. Et qu’on apprend de tout le monde (vieux ou jeunes) et de toutes les situations (heureuses ou malheureuses). Je crois en l’Amour et en l’humanité malgré tout ce que je vis, je vois ou que j’entends. Je crois qu’à tous les niveaux on peut aider à rendre les choses meilleures. Raison pour laquelle j’ai mis sur pied il y a quelques mois SOS Personnes Disparues. J’y reviendrai très prochainement dans de nouveaux billets. Fan de la PAIX, j’arme mes neurones pour l’installer durablement dans notre quotidien ou pour la ramener là où elle n’est plus. De Kigali à Bamako (Ecole de maintien de la Paix) en passant par mon propre vécu, je recueille les meilleures armes. Ce blog pour coucher sur un support et partager un bout de ma fourmillante vie intérieure. Lionne Destin de Lionne parce que fille d’un Lion et que je me sens l’âme d’une Lionne. Egalement parce que je suis convaincue que rien ne m’est impossible. En nous, sommeille le lion jusqu’au jour où on le découvre véritablement. Alors Lions du monde, exprimons nous, engageons nous, partageons, bref soyons curieux et amoureux de la vie !

Abidjan: quand la rue veut nous dicter sa loi

Crédit image: google
Crédit image: google

Il faut qu’on se respecte, qu’on respecte les autres et surtout la vie.

A peine connectée, je tombe sur un article incomestible certainement écrit par un rat de la presse parce qu’un professionnel des médias ne se risquerait pas à produire pareil torchon. En effet monsieur l’auteur de l’article comme de nombreux internautes, blâme dans son torchon une jeune fille qui la veille, s’est vue violentée dans un quartier de la commune de Yopougon.

Une jeune fille par conséquent un Homme, un être humain, battue, dénudée en pleine rue, filmée, photographiée, touchée, avilie, par des centaines de mains et d’yeux.

L’article met en avant une jeune fille dévêtue, violentée et humiliée par une population immature en quête grandissante de sensations fortes et surtout malsaines. Une population qui a perdu tout sens critique, toute notion de bon sens.

Mais au-delà de l’acte qui a été posé par ces individus, c’est plutôt l’image qui illustrait l’article qui m’a révolté. On y voit la jeune fille en tenue d’Eve, floutée certes, mais tout de même assez explicite. Et dans la foule ce qui retient mon attention c’est la présence d’un policier en tenue. Comme la centaine de badauds qui prenait des photos et filmait, l’homme dans une indifférence irresponsable, semble prendre un certain plaisir à cette dégradante scène.

Le policier est censé être celui vers qui l’opprimé et même le bourreau court se réfugier. C’est celui qui est censé assurer notre sécurité et maintenir l’ordre public.

Mais quand je vois celui-là assister, je dirai même participer à cet acte immoral, amoral et avilissant je dis non !

Déshabiller en pleine rue, battre, humilier autrui parce qu’il porte des vêtements qu’on trouve « trop sexy »… mais on est où là ! Dans quel monde on se trouve là !

Depuis quand s’habiller sexy est un délit ?                                                                                          Elle n’a pas à être humiliée de la sorte parce qu’elle s’est vêtue plus court que la normale.

Que font les pouvoirs publics, le ministère de la solidarité, de la famille, de la femme et de l’enfant ? Le ministère de l’intérieur également ? Car ces histoires ils les entendent, se les font raconter. Parce qu’à Abidjan tout le monde est connecté. On parle d’un Etat de droit, alors respectons les droits élémentaires de l’Homme.

Le droit à la liberté ne commence-t-il par le respect de l’intégrité physique, de la dignité et de l’autonomie de la personne humaine ? Il a même valeur constitutionnelle.

On me parle d’éducation, mon œil ! Je dis non !

Ainsi humiliée, indignée, brisée, qu’est-ce qu’on attend-elle ? Qu’elle s’habille plus décemment ? Qu’elle serve d’exemple ? Je dis non ! Elle n’est pas la première à qui cela arrive à Abidjan mais je souhaite que cela ne se répète plus.

Il faut que des lois soient votées et surtout appliquées pour que les auteurs de pareils ‘’crimes’’ soient sévèrement punis. Car il n’existe pas de petits crimes, si on laisse faire, faut pas s’étonner de voir cette pratique devenir une loi de la rue et ces auteurs une menace pour le droit à la liberté et surtout celle de la femme ivoirienne.

J’adore mon pays et le travail qui y est abattu, mais j’adore encore plus la liberté. Parlons aujourd’hui pour nous assurer demain un avenir libre et serein.

 

Matagaly T.

La perte

ROSES BLANCHESJeune, beau, intelligent, généreux et surtout adorable. C’est en ces termes que tous vous parleront de lui. J’avoue ne pas l’avoir connu, je l’ai juste aperçu deux ou trois fois. Mais depuis l’annonce de son décès, l’atmosphère est lourde… Décédé vendredi matin à Tunis, nous sommes tous allé accueillir sa dépouille mortuaire à l’aéroport international Félix Houphouet Boigny d’Abidjan lundi dernier au petit matin.

Il est environ 04h 45mn lorsque l’avion de Tunis Air transportant la dépouille mortuaire de Lamine Sanogo se pose sur le tarmac de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. L’atmosphère est lourde, les visages ravagés par la douleur de la perte, amis, parents et connaissances de Lamine Sanogo sont venus nombreux l’accueillir. Ils sont venus attendre leur frère, leur ami, leur compagnon depuis minuit.

Sur tous les visages on peut lire la tristesse mais surtout une certaine incompréhension. « Lamine s’en est-il vraiment allé ?» pourrait-on déchiffrer dans bon nombre de regards. A la vue de la veuve, la foule comprend que la sortie du cercueil n’est plus loin. Alors, dans un mouvement parfaitement discipliné, le public forme une haie d’honneur pour Lamine Sanogo,  le frère, l’ami, le compagnon de lutte disparu.

Dans l’assistance on peut apercevoir de nombreuses personnalités civiles, politiques, sportives, toutes venues rendre hommage à cet homme engagé, à ce généreux maire de la commune de Diawala. Les amis d’enfance, les administrés tous sont là pour Lamine ce matin, comme longtemps il l’a fait pour chacun.

Lamine Sanogo image obtenue sur internet

Une heure d’attente après, le portail s’ouvre laissant avancer les porteurs et leur précieuse charge. Malgré les recommandations de l’imam, un cri s’élève et fend l’air, et quand bien même on n’a pas connu l’homme, il devient difficile de rester insensible à toute cette tristesse. Les pleurs fusent de partout et  tant bien que mal on essaye de calmer les uns et les autres. Le cercueil est posé sur un tréteau pendant un moment permettant à l’imam de sacrifier au rituel d’usage avant de poursuivre ensuite vers IVOSEP ou demeurera Lamine Sanogo jusqu’à son inhumation.

C’est un cortège de plus d’une centaine de véhicules, qui a escorté le corbillard de l’aéroport jusqu’à IVOSEP. Dans la brume matinale, cet interminable défilé de véhicules roulant lentement, feux de détresse allumés, avait quelque chose de magique.

A la société de pompes funèbres,  on ne restera pas longtemps. Seule la famille proche a le droit d’accompagner le cercueil jusqu’au casier. Mais là-bas également les images sont saisissantes, la douleur, la détresse sont palpables. Une prière est dite pour le repos de l’âme du défunt.

Nous le laissons donc reposer là en attendant qu’il soit conduit dans quelques jours à sa dernière demeure.

Que Dieu nous assiste et qu’il accorde à Lamine Sanogo le repos éternel!

 

Matagaly T.