Elle cette autre moi

C. ph google
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Comme si je faisais face à un miroir, je la regarde et je me vois

Semblable nous le sommes jusqu’aux ongles

J’ai passé ces dernières années à la regarder mimer mes gestes, mes tics

Je l’ai observé se débattre avec ma maladive timidité et transcender mes peurs cachées

J’ai adoré la voir embrasser mon rêve d’un monde un peu plus humain à travers nos petites actions sociales

J’ai assisté avec crainte à la monté en puissance de son coté le plus sombre, celui qui n’éprouve aucune difficulté à se détacher des gens et des choses

Cette carapace protectrice par moment mais auto-destructrice par abus

Tout doucement je l’ai senti prendre de l’ascendant sur moi et la vie que je menais jusqu’ici

Je l’ai pourtant laissé prendre un peu plus de place jour après jour, j’avoue qu’elle me fascinait

Finalement je suis devenue elle et elle moi.

Jusqu’au jour où elle l’a rencontré lui

J’ ai tout de suite senti la menace, pas de place pour lui dans notre duo

Elle l’a fait entrer dans notre antre, lui a accordé plus qu’on avait l’habitude de concéder

Nous nous sommes fait face et j’ai encore cédé du terrain, fatiguée de cette bataille quotidienne contre nos pulsions et ce puissant besoin affectif

Tout doucement nous avons baissé la garde, laissé entrer l’intrus dans cet explosif duo que nous formons

Crédit photo google
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Mais ce matin je me réveille avec le besoin irrépressible de réguler les choses

Tout s’enchaine trop vite, nous concédons trop de terrain

Pourra t-il nous porter toutes les deux? Saura t-il apprécier à sa juste valeur tous ces sacrifices?

Est-il prêt à nous assumer dans ses vies? Celles d’hier, de maintenant et de demain?

Saura t-il être le pilier qu’il me faut et qui lui fait si peur à elle?

Saura t-il être ce catalyseur qui me rend meilleure et ce régulateur qu’il lui faut à elle?

Saurai-je accepter de voir mes sacro principes sentimentaux longtemps cultivés, être mis de coté?

Supportera t-elle, être celle qui vient après l’autre?

Le temps, oui le temps nous l’écrira, en l’espérant ensoleillé bien entendu…

Matagaly T.